Liens santé-travail et intérêt de la clinique
médicale du travail
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INTRODUCTION
L'évaluation des pratiques professionnelles en médecine
du travail par les Groupes d'Analyses des Pratiques Entre Pairs (GAPEP)
accompagnés par E-Pairs encourage l'instruction du lien santé
travail à partir de cas cliniques présentés et
débattus. Cette exploration se nourrit de la connaissance du
milieu de travail et alimente le choix et l'orientation des actions
sur l'environnement professionnel des salariés. Dans cette
période d'incitation à la production d'indicateurs et
d'actions de prévention des conditions de travail, la clinique
médicale du travail est une clé de la pertinence des
actions de prévention et de l'amélioration globale de
la santé au travail.
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MATIN :
La clinique médicale du travail et l'action
en milieu de travail
La clinique médicale du travail, à partir du colloque
singulier, est l’étape première de l’action
en milieu du travail. Les constats cliniques orientent les interventions
du médecin du travail en milieu de travail, et favorisent l’action
de transformation à l’initiative des salariés
Une présentation de la problématique théorique
peut être proposée, mais surtout des communications sur
les cas cliniques illustrant ou questionnant ce paradigme sont attendues.
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Pratique
des médecins du travail et médiation (Michel HAMON)
La médiation dans la pratique du médecin du travail
est un sujet qui a été abordé à plusieurs
reprises lors des réunions de notre GAPEP. Comme l’aptitude,
c’est une question qui revient régulièrement à
la surface. Mais qu'appelle-t-on médiation ? La détermination
de l'aptitude n'est-elle pas une forme de médiation? En pratique
quotidienne le médecin a deux interlocuteurs privilégiés,
le salarié et l’employeur. Quand il doit adapter le poste
de travail ou quand il est saisi d’une plainte d’un salarié,
la médiation est-elle un outil légitime pour le médecin
du travail? Dans quel but? A la demande de qui?... Le terme de "médiation"
a été retrouvé dans les Compte-rendu de 4 réunions
de notre GAPEP entre juin 2009 et juin 2010, 3 fois sur 4 à
l'occasion de cas de "souffrance au travail". A chaque fois
il a donné lieu à un débat qui illustre bien
les conceptions différentes des médecins du groupe sur
ce sujet. Peut-on être neutre dans la relation salarié-employeur,
en position d'expert, pour tenter de trouver la meilleure solution
possible dans l’intérêt du salarié ou tenter
de rétablir un dialogue impossible dans l'entreprise?….
Ou doit-t-on rester dans une posture d’écoute individuelle
et d’accompagnement pour tenter de comprendre avec le salarié
ce qui se passe au niveau du travail et, avec son accord, adresser
une alerte à l'employeur pour rendre compte des difficultés
constatées et le renvoyer à ses responsabilités
en terme de santé au travail de ses salariés |
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Prise en charge
d'un "Cas social" par l'infirmiere en santé-travail
(Mc LIMAME)
L'observation, exposée par un GAPEP d'infirmières,
décrit la prise en charge d'un salarié d'usine qui présente
une dégradation lente (sur plusieurs années) de son
état de santé telle que la tenue de son poste de travail
est mise en question par sa hiérarchie, après que cette
dernière ait alerté l'infirmerie.
Tout le monde baisse les bras devant ce cas, qualifié de «
cas social » cumulant les difficultés. Après entretien
avec le salarié sur ses besoins professionnels, l'infirmière
au travers de toutes ces difficultés soutient auprès
de la hiérarchie une perspective de formation qui finit par
prendre corps et parvient à maintenir le salarié au
travail, voire contribue à la restauration de l’estime
de soi.
du point de vue des pratiques professionnelles : cette présentation
ouvre à la discussion sur la place du soin et plus généralement
la place des pratiques professionnelles de l'infirmière dans
le maintien au poste chez un travailleur en précarité
du fait de son état de santé.
D'autre part, sur les modalités (et aléas) de la coopération
entre deux métiers différents (médecin du travail
et infirmière du travail) se trouvant -à titre d'hypothèse-
sur le même champ (santé et subjectivité; soutien
à la santé du salarié au travail;) mais dont
la prise en charge est différente (l'infirmière parle
d'ailleurs d'accompagnement, probablement différent de la prise
en charge?) Cet accompagnement au long cours du salarié par
l'infirmière (la personne en lien avec son travail, en prenant
en compte ses besoins) a contribué grandement à ce qu'il
puisse continuer à travailler à son poste. |
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Plusieurs cas
de souffrance au travail dans un I.M.E. (Chantal BERTIN)
Au moment de l’intégration de notre groupe de médecins
dans le dispositif d’évaluation des pratiques professionnelles
« e-pairs », le choix de la porte d’entrée
a été, de façon unanime, celui de « l’étude
de cas cliniques ou de pratiques professionnelles », tous les
médecins participants étant intéressés
à l’approche de la clinique médicale du travail,
le plus souvent après une formation en psycho-dynamique du
travail.
Notre fonctionnement passe habituellement par l’engagement d’un
médecin à présenter une observation (ou une situation
problématique pour lui) lors de la réunion prochaine.
Dans certains cas, le médecin a déjà rédigé
un texte qu’il expose en séance et parfois, en fonction
de ses préoccupations du moment, il présente une situation
« non écrite » et plus « à chaud ».
Quelque soit la forme, il apparaît que la présentation
aux collègues permet toujours au médecin de clarifier
ou d’enrichir son point de vue (souvent à travers les
manques ou les réactions d’incompréhension des
collègues), de lui ouvrir de nouvelles perspectives d’analyse
et d’action. Il arrive qu’une intervention du médecin
(réponse à un courrier, intervention en CHS-CT, orientation
des consultations futures, etc…) soit discutée, voire
proposée au médecin qui en rend ensuite compte au groupe
lors des réunions ultérieures. Au fur et à mesure
de ce cheminement collectif, des retours vers la théorie sont
parfois nécessaires et font l’objet de réunions
spécifiques. Lors de la présentation, des exemples cliniques
seront soumis au débat.
Les exemples porteront sur le travail du groupe lors de la présentation
d’une situation caractérisée par la survenue de
plusieurs cas de souffrance au travail dans un I.M.E. et sur un exemple
de débats autour du positionnement du médecin du travail
amené à statuer au sujet d’un salarié atteint
de TMS. |
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INAPTITUDE ET CONSENTEMENT
ECLAIRE DU SALARIE
L'application, en médecine du travail, de la loi L1111-4
du code de santé publique sur le droit des patients, pose la
question de la construction du consentement éclairé
du salarié pour la rédaction et la restitution d'un
avis d'inaptitude.
Comment ce consentement se construit-il en médecine du travail
? Comment s’articule-t-il avec l'instruction des liens santé
travail ? Quelles en sont les conséquences sur l'action et
la responsabilité en médecine du travail ?
La problématique éthique et/ou juridique sera présentée,
mais surtout des cas cliniques seront exposés et mis en débat
sous l’angle des pratiques professionnelles déployées.
Une séquence table ronde terminera cette séance dans
le but de confronter les professionnels de médecine du travail
avec les points de vue juridique, éthique, philosophique, gestionnaires
et scientifique. |
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Aptitude ? le
cas d’une femme de chambre présentant une pathologie
rachidienne
Au cours de l’année 2010, confrontés à
la contestation de leur décision auprès de l’inspection
du travail, plusieurs médecins ont présenté leur
cas objet du litige en réunion D’EPP. Très en
rapport avec le thème abordé aujourd’hui sur le
consentement éclairé, nous avons retenu le cas d’une
femme de chambre présentant une pathologie rachidienne - initialement
en lien avec un accident de travail.
En dépit d’aménagements successifs de son poste
de travail visant à en réduire au maximum les contraintes,
elle conteste finalement son aptitude.
Grâce à ce cas, qui nous servira simplement d’illustration,
nous pourrons aborder ensemble les pratiques professionnelles. |
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« Docteur
mettez-moi inapte, je ne veux plus y retourner» (E. TRESCOL)
E. TRESCOL présente à partir d'un cas, tiré
d'une petite série ainsi intitulée, et discutée
dans son GAPEP en 2010-2011, les éléments faisant repères
pour les pratiques professionnelles de ses pairs.
Maxime, la quarantaine, père de famille nombreuse, travaille
dans le même bureau d'étude depuis 15ans. En quelques
mois il perd tout plaisir à travailler. Le récit qu'il
fait à son médecin du travail oriente ce dernier vers
une dépression professionnelle.
A partir de l'application de l'article L1111-4 du code de la santé
publique, le médecin du travail accompagne Maxime dans l’élaboration
de son histoire professionnelle. Un entretien de clinique médicale
du travail est proposé au salarié en difficulté.
C'est le point de départ à partir duquel la question
clinique peut être abordée avant de solder la question
de son retrait.
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Exposé
de Michel LEDOUX Avocat à la Cour Spécialiste en Droit
Social
L’ obligation pour l'employeur de tenir compte des préconisations
du médecin du travail
L'évolution de la Jurisprudence : L'obligation de résultat
L'évolution des textes en matière de discrimination |
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Aptitude et consentement
éclairé Madeleine BROM MIRTMO
I l s’agit ici d’aborder la question de l’aptitude
avec le filtre de la question du consentement, et bien sûr pas
de faire un retour sur l’ensemble de la problématique
Un consentement éclairé dans le cadre du lien de subordination
? Est-ce possible ?
Consentement éclairé ? Eclairé sur le risque
? consentement à être exposé ?
Eclairé sur les conséquences ?
consentement à être malade ? consentement à perdre
son emploi ou son travail ?
La question du consentement éclairé est une question
posée au patient, ici le salarié, et au médecin
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Table
ronde : compte rendu
animee par Alain Machefer, journaliste
avec la participation de
Michel Ledoux, specialiste en droit du travail,
Catherine Omnes, socio-historienne
Magdeleine Brom, medecin inspecteur regional de la region Alsace
Successions de regards croises
Conclusion par Alain Carré A Carré
:
Mme Omnes nous a démontré dans une perspective
historique vertigineuse, l’attitude constante de privilégier
un abord assurantiel de la santé au travail : cela explique
la contradiction, en référence aux variabilités
intra-individuelles notamment, à s’obstiner à
sélectionner les salariés sur des critères de
santé. Il s’agit là d’ un pur calcul de
probabilité. M Ledoux nous a remonté le moral en traçant
le chemin positif de la jurisprudence en matière de santé
au travail et ses perspectives futures dans le respect du droit constitutionnel
à la protection de la santé mais sans nous dissimuler
le renforcement de la responsabilité du médecin de «
dire ». Enfin, Madeleine Brom a rappelé de façon
remarquablement convaincante, en référence à
Didier Sicart, l’injonction délicate que représente
le consentement éclairé du salarié en médecine
du travail qui ne relève pas tant de notre responsabilité
juridique mais bien plutôt de notre pleine responsabilité
professionnelle et médicale déontologique. |
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