I-
GAPEP AVIGNON 08003
II
- BINOME DU GAPEP 07002
III
- TRAVAIL ET ALCOOLISATION
GAPEP 07005
IV
- GAPEP de Lyon 07008
V -
GAPEP de TOURS 07002
VI
- En Guise de BILAN
Les thèmes étudiés par
les GAPEP sont variés :
les troubles musculosquelettiques,
les atteintes auditives,
l'exposition à des toxiques
ou la traçabilité des expositions
professionnelles. Mais
les altérations de la santé
mentale au travail, et
les pratiques professionnelles
qu'il est nécessaire de
mettre en oeuvre pour les
prendre en charge, s'avèrent
un des tout premiers sujets
de débat au sein des GAPEP.
Il est donc logique que
ce premier colloque d'E-Pairs
y consacre une place importante.
Télécharger :
Etat
des lieux en 2009 du lien
santé-travail par Alain
Grossetête.
Télécharger :
La
méthode proposée par E-PAIRS
d'évaluation des pratiques
professionnelle en médecine
du travail à partir de
cas cliniques
I- GAPEP AVIGNON 08003
: Présentation du travail
d'un GAPEP sur un an
(Nicole CHEVALIER et
Benoît DELABRUSSE) 
- Télécharger
la Présentation au
format .pdf
- présentation
- débat
- repère
I
- Présentation :
Le GAPEP a constaté que
certains rôles sont difficiles
à tenir notamment : Le
modérateur : il est aussi
l'organisateur et il
doit surtout éviter les
déviations des débats.
Le rapporteur a le rôle
le plus difficile : il
doit prendre des notes
tout en participant à
la discussion et il ne
doit pas modifier le
sens des débats lors
de la rédaction.
Au niveau de l'organisation,
le GAPEP a rajouté quinze
minutes en début de séance
pour l'approbation du
compte rendu et discuter
de l'organisation du
groupe.
Au fil du temps, le thème
a pris plus d'importance
que les cas cliniques. :
en 2008, trois thèmes
ont été étudiés par le
GAPEP d'Avignon : les
vaccinations, le cursus
laboris, l'examen médical.
Le choix des thèmes est
fait par consensus au
sein du GAPEP. Les 2
thèmes les plus développés
dans la présentation
sont :
Thème 1 les vaccinations :
Il s'est agi d'un choix
très consensuel Des propositions
pour une bonne traçabilité
ont été faites Une grille
d'auto évaluation a été
réalisée Une proposition
de bonnes pratiques professionnelle
a été proposée aux confrères
et acceptée. Ce consensus,
élaboré entre pairs médecins
du travail du service,
a amélioré aussi la qualité
mais en dehors du processus
actuellement proposé
dans les services de
santé au travail (démarche
progrès)
Thème 2 Cursus laboris
Le choix de ce thème
a pour but :
De connaître les expositions
antérieures pour mieux
exercer la surveillance
post exposition De préparer
un relevé des expositions
significatives à destination
du médecin traitant via
le salarié à son départ
à la retraite Dans le
but de faire des propositions
pour une bonne utilisation
d'un cursus laboris
Pour connaître le cursus
laboris, une grille d'exposition
a été élaborée comportant
les renseignements suivants :
entreprise, poste avec
date de début de prise
de poste et date de fin,
les risques, les examens
complémentaires pratiqués.
Les salariés de plus
de 55 ans ont été convoqués
pour faire ce relevé.
Un des obstacles à la
réalisation de ces convocations
est le manque de temps
disponible.
Le GAPEP s'est questionnement
sur la connaissance des
expositions : il est
difficile de trouver
des expositions précises.
Des questions se posent
après un an de travail
du GAPEP : quelle peut
être la durée du GAPEP ?
Risque d'épuisement après
2 ans ?
Le piège majeur est de
cantonner les échanges
sur : « comment rédiger
la fiche d'aptitude »
Attention le GAPEP n'a
pas cet objectif, il
faut donc se recentrer
sur l'objectif qui est
la prévention des altérations
de la santé du fait du
travail.
- Débats

Question : quel
est le nombre de réunion par
an ?
Réponse : le GAPEP
a débuté en novembre
2007. Sur 2008, il y
a eu 6 réunions de programmées
(bien que E-Pairs n'en
exige que 5 ... au cas
où il y aurait des absents)
Question d'un
médecin du travail de
Roanne : mon GAPEP fonctionne
depuis 1 an et on galère
un peu : le choix d'un
thème en commun est ce
que cela se fait sur
plusieurs réunions ?
Un dossier clinique a-t-il
été présenté ?
Réponse : le nombre de
réunions nécessaires
? Jusqu'à épuisement
du thème ! Au départ,
nous présentions les
thèmes sur 2 réunions
puis on exposait des
cas cliniques. Il y a
eu une certaine dérive
avec le principe des
thèmes et nous avons
dû nous recentrer sur
les cas cliniques
Question d'un
médecin du travail de
Paris : le rôle du modérateur n'est
pas évident. Je galère
un peu car je fais tout.
Pouvez vous me précisez
comment vous faites ?
J'ai aussi une remarque
à faire : je suis étonnée
que vous ne vouliez pas
rentrer dans une conduite
à tenir ?
Réponse : une
organisation tournante
a été mise en place ce
qui permet un autre regard,
de voir les choses différemment
et cela est enrichissant.
Le modérateur est aussi
l'organisateur. Par contre,
pour certains, être rapporteur
c'est difficile : pour
rédiger ils croisent
les notes.
Sur la conduite à tenir,
nous pensons qu'une conduite
à tenir est rigide et
figée. Moi-même j'en
suis revenue car il n'y
a jamais deux cas identiques.
Nous préférons utiliser
le mot consensus plutôt
que conduite à tenir.
Question : ma
réflexion c'est que 3
thèmes en 1 an c'est
beaucoup ! En réalité
ces réunions sont plus
longues que celles prévues
par E-Pairs : plutôt
de 3H et + que 2h30 !
Les cas cliniques sont
transmis avant la réunion
ce qui n'est pas le cas
pour tous les GAPEPS.
La question est donc :
comment on choisit le
cas ? Et comment ça s'est
passé avec les employeurs ?
Réponse : sur
les présentations de
cas cliniques c'est la
théorie. Parfois il y
avait des réunions sans
cas clinique donc ce
n'était pas facile. Le
jour de la séance on
désignait un volontaire
pour présenter un cas
clinique pour la réunion
suivante.
Pour la question des
employeurs : la MSA n'a
pas eu de problème, le
SIST est rentré dans
la négociation qui a
abouti à un compromis
(d'où le temps de 2h30
décrit...). Une anecdote :
le compte rendu annuel
transmis à E-PAIRS a
été aussi transmis au
Président et la réaction
a été plutôt favorable.
Par contre, pour le service
hospitalier, ce fut très
long et difficile (9
mois).
Questions d'A.
CARRE, membre d'un binôme
du groupe projet : j'ai
une remarque sur l'accompagnement
bienveillant et pédagogique
du binôme. Il y a des
discussions au sein du
groupe projet car c'est
un exercice de modestie,
cela nous renvoie à nos
propres pratiques. Ce
n'est pas de l'ordre
de la supervision : je
suis là pour veiller
que les GAPEP, leur fonctionnement,
soit conforme avec les
valeurs de E-PAIRS.
Sur les conduites à tenir,
je suis dubitatif : qu'entend-on
par conduite à tenir
? Pour nous, ce sont
des repères pour les
pratiques. Je considère
qu'il n'y a pas de bonnes
pratiques mais des pratiques
adaptées à la situation.
Sur le deuxième thème
je suis sur ma faim car,
de part mon activité
actuelle, je vois arriver
des salariés sans rien.
Avez-vous travaillé avant
ou après le rapport Lejeune ?
Qu'en avez-vous retiré
?
Réponse : nous
n'avons pas tous lu ce
rapport dans son intégralité.
Notre présentation est
réductrice. Sur ce sujet,
nous avons vu que nous
étions mauvais : il n'y
a que depuis 2 ans que
dans notre service travaille
sur la traçabilité.
Qu'est ce que c'est la
traçabilité ? Que veut-on
dire quand on parle de
salariés exposés ?
Pourquoi la traçabilité ?
Pour donner quelque chose
au salarié ? Que lui
donne t on ?
Les fiches individuelles
d'exposition sont inexistantes
et les attestations parfois
appelées certificat !
Réponse : en milieu
hospitalier on est plus
que mauvais : il n'y
a qu'une culture de soins.
Par exemple, pour les
produits utilisés c'est
très difficile d'avoir
des informations - donc
on est loin des fiches
individuelles d'exposition
et donc de la traçabilité
Question d'A.GROSSETETE :
la posture du binôme :
on peut l'aborder de
la façon suivante : c'est
une posture de pair ;
nous n'avons pas une
posture de professeur
mais nous veillons que
le cadre de la Chartre
soit respecté et si il
y a discussion sur les
pratiques, le binôme
ne s'en mêle pas. Cette
position est importante :
le binôme ne peut réagir
que sur l'écrit, il s'agit
d'une posture d'extériorité.
Réponse : « l'accompagnement
pédagogique » a été utilisé
au sens large puisqu'il
a porté sur la méthodologie,
et le conseil donné a
permis au groupe de se
« recadrer ».
Question d'un
médecin du travail de
Paris : devant la difficulté
de compréhension du directeur,
je lui ai donné les documents
du site de E-PAIRS et
nous avons tous posé
notre demande ensemble.
L'idée de lui faire parvenir
un rapport annuel est
intéressante. Ne faut
il pas le tenir au courant
de ce que l'on fait ?
Dans le cadre de la CMT,
nous élaborons un nouveau
dossier avec le Cursus
Laboris pour avoir une
traçabilité des expositions
au travail. Notre logiciel
n'est pas adapté, il
n'a même pas de thésaurus
... notamment sur les
risques.
G. LUCAS : le rôle de
modérateur et de rapporteur
c'est formateur, c'est
de l'apprentissage en
soi. Ce choix d'E-Pairs
n'est pas le hasard.
Sur le Cursus Laboris :
ce que j'entends dans
« on est mauvais » c'est
que cela est important
de se le dire entre nous.
Ce n'est pas que nous
soyons « mauvais », mais
nos pratiques sont à
améliorer. Il nous reste
du travail à faire car
nous sommes au B A BA
de ce qui est touche
à l'exposition aux risques
professionnels.
Repères I
À partir de la présentation
et du débat GAPEP Avignon,
(Dominique HUEZ, Conseil
scientifique)
Je représente le Comité
scientifique d'E-Pairs
étant le seul présent de
celui-ci. Mais je ne peux
m'exprimer qu'en mon nom
personnel. Je ferai toutefois
quelques remarques préliminaires :
1) Le rôle du Comité scientifique
n'est pas d'apporter un
dépannage ou une offre
de service sur les questions
professionnelles : nous
ne sommes pas les sachants
par rapport aux praticiens
qui tentent de faire progresser
leurs pratiques professionnelles.
Je crois que les collègues
ont accepté d'être membre
de ce Comité scientifique
en étant conscient des
écarts entre les connaissances
scientifiques et l'élaboration
des règles de métiers qui
peuvent ou doivent s'y
adosser quand ces premières
existent.
2) Il n'y pas de médecine
prédictive. Et les connaissances
scientifiques qui instruisent
les différentiels de risque
des populations ne sont
d'aucun secours à titre
individuel. La médecine
du travail accompagne des
sujets, des individus irrémédiablement
différents du point de
vue des déterminants biologiques
et sociaux. C'est le sujet
dans sa globalité que prend
en charge le médecin du
travail. Le métier de médecin
du travail est par ailleurs
différent de celui du consultant
en pathologie professionnelle
qui investigue une atteinte
spécifique à la santé,
sans avoir accès aux déterminants
collectifs environnementaux,
organisationnels et sociaux
des personnes.
3) Mais ni les pratiques
ni les données scientifiques
ne sont suffisantes : il
faut s'appuyer aussi sur
des valeurs communes :
exclusivement, prévenir
les altérations de la santé
du fait du travail.
4) Il y aurait donc un
socle commun à des pratiques
hétérogènes. Quels sont
nos repères communs. Quelle
est la spécificité de notre
spécialité médicale ?
5) Dans le dossier médical
du travail, on doit trouver
la trajectoire du travail
(cursus ou curruculum laboris),
la traçabilité des expositions,
et l'investigation du lien
de cette histoire professionnelle
avec la santé du sujet.
La recommandation de l'HAS
sur le dossier médical
permet un cadre de travail
professionnel qu'il va
falloir visiter du point
de vue de nos pratiques.
La traçabilité de nos actes
cliniques internes à nos
dossiers, et pour les actions
dans l'espace de l'entreprise,
est essentielle.
6)
L'EPP ne se réduit
pas à apprendre et appliquer
une conduite à tenir. Nos
pratiques ne peuvent être
toutes contenues dans des
Recommandations professionnelles.
Elles doivent être complétées
par des repères professionnels
évolutifs que nous élaborons
et confrontons qui feront
naître des règles professionnelles
partagées. Ce sont ces
deux dernières ambitions
collectives qui naîtront
de nos pratiques d'évaluation
des pratiques dans les
GAPEP.
7) Il y a une véritable
dialectique entre l'émergence
des thématiques professionnelles
à interroger et évaluer
et le travail très concret
d'E-Pairs. C'est une des
raisons de cette journée.
II - BINOME DU GAPEP
07002 
« Repères pour les pratiques »,
un exemple : le rapport
entre les indicateurs en
santé mentale au travail
et la pratique clinique,
Alain CARRE et Thérèse
BURET
présentation
débat
repère
II
A -
Présentation
Cet exposé montre ce
à quoi on arrive dans
un GAPEP du point de
vue du binôme. La qualité
des réflexions vient
de l'intégration par
le GAPEP des principes
de la charte de E-pairs
comme référence des échanges,
des comptes rendus exhaustifs
comportant la monographie
des cas cliniques et
de la précision sur l'analyse
des pratiques.
Le GAPEP 07002 travaille
sur des thèmes pratiques
en santé mentale : La
souffrance au travail,
la pertinence des indicateurs
et leur rapport à la
clinique
L'exposé s'articule
autour des thèmes exposés
lors de deux réunions :
Premier thème : les
indicateurs
« Nous avons choisi
de vous présenter la
genèse puis la cristallisation
et la mise en mots d'un
repère pour les pratiques.
De ce point de vue nous
vous présentons ce que
l'activité du « binôme »
a de plus enrichissant,
en euphémisant le travail
assez ingrat de nature
administrative qui constitue
la majorité de son activité.
Deux conditions sont
indispensables à l'accouchement
de repères pour les pratiques
de qualité:
La première est morale
et implique que les principes
de la charte soient intellectuellement
et implicitement exercés
lors des échanges
La seconde est plus
pratique et fait référence
à la qualité du compte
rendu du rapporteur de
séance du GAPEP
Rappelons rapidement
ce qui sera sans doute
rappelé aujourd'hui et
est la base de notre
charte :
L'investigation du
lien santé-travail centrée
sur le travail des personnes
est la base de la clinique
médicale du travail
Aucune pratique de
sélection n'est légitime
en médecine du travail
dont l'unique mission
est la préservation de
la santé au travail
Nos objectifs sont d'aider
les médecins du travail
à progresser dans leurs
savoirs et savoirs faire
notamment par une coordination
d'un exercice professionnel
en réseau
Les conditions de la
qualité que nous venons
d'exposer conditionnent
les échanges:
Ils permettent de savoir
exposer en s'aguerrissant
aux échanges entre pairs
Ils facilitent la capacité
à « s'exposer » par la
confiance qu'ils suscitent
Pour être francs le
GAPEP 07002 est particulièrement
favorable pour cette
démonstration.
Il a été précédé par
un GEP fonctionnant depuis
longtemps et par conséquent
pour les membres duquel
exposer et s'exposer
ne posait pas problème.
Nous avons choisi de
vous présenter cet exemple
d'analyse des pratiques
en santé mentale au travail
qui constitue le thème
des échanges du GAPEP.
Nous montrerons que deux
séances ont permis d'élaborer
des repères sur les indicateurs
en santé mentale au travail,
notamment dans leur rapport
à la souffrance au travail
et la clinique médicale
du travail Commençons par
la réunion du 23 mai 2007
à laquelle participaient
8 des 13 membres inscrits.
Cette séance était consacrée
à l'exposé des pratiques
en SST autonome à la suite
d'une succession de suicides
de salariés. Les questions
explorées nous placent
au coeur de la question
La finalité et la nature
des indicateurs
La mise en place de
la veille médicale dans
ces situations concrètes
Comment assurer la
traçabilité
Quelles alertes et
comment
Quelles coopérations
mettre en oeuvre
Telles sont les questions
qui seront tour à tour
mise en discussion
Les indicateurs tout d'abord
qui n'ont comme finalité
que d'aider à réfléchir
et de soutenir l'action
du médecin :
Pas d'indicateurs flous
Pas d'indicateurs coupés
de la réalité de travail
ou qui se substitueraient
à la clinique médicale
Ou plus exactement, au
service de la clinique,
c'est-à-dire dans un
contexte « situé », dans
un secteur défini et
dans une perspective
temporelle
Pas d'indicateur prédictif
d'un passage à l'acte
mais bien utile pour
repérer les secteurs
à risque
Et puis enfin facilitant
l'expression sur ces
questions pour les médecins
et les CHSCT
Pour résumer : un outil
en appui de la clinique
loin des velléités positivistes
de certaines initiatives
officielles vouées à l'échec.
Les indicateurs ne doivent
pas être les seules modalités
de veille. Tout aussi
importantes: Les visites
qu'il s'agisse de visites
périodiques mais aussi
de visites de reprise
éclairantes de ce point
de vue ou de visites
par sondage, voire celles
de travailleurs « sentinelles »
et surtout le suivi de
leur évolution dans le
temps.
La potentialisation
de ces moyens de veille
implique une traçabilité
dans les dossiers individuels
quasi obsessionnelle
tant il est précieux
de garder trace pour
jalonner la dynamique
des situations et du
temps et puis les documents
médico réglementaires,
piliers et prétexte à
l'ouverture de débats
entre acteurs.
Il n'y a pas d'exclusive
dans les coopérations
recherchées à conditions
qu'elles se réfèrent
au champ de la prévention
de la santé au travail
et qu'elles relèvent
d'une déontologie professionnelle »
Deuxième thème : discussion
sur le GHQ utilisé dans
l'enquête SAMOTRACE
« La réunion du 14 septembre
2007 est à la limite
du quorum mais elle n'en
sera pas moins fructueuse.
Elle est centrée sur
un cas clinique exposé
par un médecin de service
autonome participant
à l'enquête « samotrace ».
Confronté à un patient
dont le score au GHQ
est supérieur à 15, notre
confrère ou consoeur
infirmera cette indication
dans une observation
clinique longitudinale.
Entre le seuil de 21
au GHQ qui repère de
façon fiable un état
dépressif et celui de
15 choisi pour donner
de la visibilité au mal
être, les participants
hésitent entre la nécessaire
mise en visibilité des
états de mal être et
son lien à la décompensation
aigue ainsi que sur la
valeur clinique de l'indicateur
en santé au travail.
La pertinence du GHQ
est confortée par l'observation
clinique. Quand le salarié
répond au test il est
bien inquiet et pessimiste :
Des modifications substantielles
et paraissant négatives
de son poste de travail
sont imminentes.
En fait les données
de la situation sont
modifiées par la négociation
et l'action du médecin
du travail et les visites
médicales confirment
l'amélioration de la
santé du salarié.
Le questionnaire interrompt
le temps mais il y a
eu un « avant le questionnaire »
et il y aura « un après
le questionnaire » le
temps courrait et continuera
à courir et seul le médecin
peut mesurer et accompagner
la perspective. La condition
toutefois et là encore
est de conserver la souplesse
cognitive de la clinique.
Le diagnostic n'est pas
la finalité. L'investigation
du lien santé-travail
demeure la cible que
la flèche clinique cherche
à atteindre.
A l'issue de cette réflexion
trois repères pour les
pratiques sont ici proposés
en matière d'indicateurs
en santé mentale au travail :
Il n'existe pas de « bon »
indicateur : sa pertinence
étant contingente des
circonstances de son
utilisation et liée à
d'autres pratiques qui
l'éclairent.
La qualité d'un indicateur
ne vaut que par la capacité
du médecin à relier cet
indicateur à des risques
précis repérés dans l'organisation
du travail et une pratique
qui ne s'attacherait
qu'à un dénombrement
de pathologies, sans
les relier à la situation
de travail ou à des risques
avérés n'aurait qu'une
valeur incomplète.
Un indicateur n'a qu'une
fonction d'instantané
dans le parcours du salarié.
Une pratique pertinente
impose donc une mise
en perspective clinique
qui relativise les réponses
au questionnaire en mobilisant
la sensibilité à écouter
et à noter lors de l'entretien
clinique
Comme nous l'a appris
l'aphorisme d'Hippocrate :
« L'art demande du temps
et la vie est brève,
l'occasion fugace, l'expérience
dangereuse et le jugement
difficile ».
Comme médecin nous le
savons trop bien c'est
pourquoi nous croyons
que c'est le travail
entre pairs qui nous
permet d'amplifier et
de dépasser nos pratiques
personnelles et que notre
art commun dépassera
la brièveté de nos existences,
et que la confrontation
de nos fugaces occasions,
la difficulté de nos
expériences personnelles
et de notre jugement
seront transcendée par
notre travail en commun
et que cela nous permettra
de remplir, mieux encore,
notre devoir fraternel
envers nos semblables.
C'est ce que nous essayons
de mettre en pratique
à e-PAIRS.
Débat
après présentation du binôme
du GAPEP 07002
Question d'A. GROSSETETE :
Alain et Thérèse sont dans
la posture de binôme. Ils
ont rapporté leur point
de vue sur un GAPEP «ancien ».
Ils ont rapporté que les
conclusions sont issus
d'un consensus du GAPEP :
à quoi sert l'indicateur
si c'est la clinique qui
instruit l'indicateur ?
Qu'est ce qu'on en fait ?
Comment on reprend la main
sur les indicateurs ? La
question de l'alerte ?
Quelle valeur pour l'alerte
aurait un indicateur ?
La clinique pour moi reste
le maître mot.
Réponse G. LUCAS :
j'ai l'expérience d'un
retour de GHQ29 supérieur
à 15 chez quelqu'un dont
je n'avais pas perçu le
niveau de souffrance (« santé
RAS mais travail difficile »).
Quand je l'ai revu, il
était dans une grande souffrance
Donc on ne peut pas dire
que l'indicateur ne sert
à rien, ce n'est pas vrai.
Mais la question qu'il
faut se poser c'est : comment
l'utilise t on ?
Réponse d'A. CARRE :
ce que tu dis c'est que
l'indicateur t'as permis
de repérer une souffrance
qui n'était pas repérable
parce qu'infra clinique :
Sans doute serait elle
devenue détectable du fait
de la majoration. L'indicateur
a permis d'anticiper et
de compléter la clinique.
C'est ce que montrent les
travaux du GAPEP : la clinique
avant tout, l'indicateur
comme complément, pas d'indicateur
sans clinique. Il faut
éviter de nous faire « coller »
un indicateur qui n'interroge
pas la clinique médicale
du travail. Il ne s'agit
donc pas de rejeter l'indicateur
mais de s'interroger sur
sa valeur et son intérêt
dans le cadre de la démarche
clinique : c'est la question
qui se pose pour EVREST.
Question d'un médecin
du travail de l'Ain : en
réaction après intervention
de Gérard Lucas, pourquoi
le salarié n'a-t-il pas
demandé à voir le médecin
du travail ? Et si la réforme
passe la visite à 4 ans
quid de cet accompagnement ?
Réponse d'A. CARRE :
Avec un tel intervalle
entre deux visites, si
tant est que la situation
de l'emploi permette une
pérennité de surveillance
par le même médecin, une
visite n'a plus d'intérêt
puisque faute d'un exercice
diachronique la clinique
ne peut se déployer. Il
faudrait que ces conclusions
arrivent au niveau de nos
référents c'est-à-dire
à la HAS : la clinique
médicale du travail est
non seulement synchronique
mais aussi diachronique.
Question de H. Martinez :
ne pourrions nous pas porter
cette communication à Toulouse ?
Réponse de G. Lucas : le
CA de E-Pairs a saisi la
HAS pour faire la proposition
de travailler sur la santé
au travail, ils nous ont
renvoyés vers la Société
Française de Médecine du
Travail.
Réponse V. ARNAUDO :
un questionnaire ne permet
pas d'exprimer la subjectivité
Médecin du Travail de
Paris : cela pose un
énorme problème s'il y
a une modification des
visites : on va vers des
grandes difficultés avec
une perte en ligne sur
la réalité des choses.
Réponse d'A. CARRE :
la modification de la fréquence
de la visite, sous le prétexte
d'un « gros faux bon sens »
justifié par la pénurie,
aura pour effet de faire
disparaître un droit individuel
fondamental puisque constitutionnel,
celui, pour chacun, de
la protection de sa santé.
Celui ci repose sur l'existence
d'un exercice médical de
première ligne (droit à
la santé égale médecin,
mais droit individuel à
la protection de la santé
égale visite individuelle).
le siphonage par l'espacement
des visites, la dévolution
d'actes médicaux à des
tiers, médecins ou non,
la contrainte managériale
sur le déploiement de la
clinique médicale du travail
a pour objet de faire disparaître
un droit fondamental. Le
dire, c'est le défendre.
Repère
II
après présentation binôme
GAPEP 07002 et débat Dominique
HUEZ, Conseil scientifique
1)Dans clinique médicale
du travail il y clinique
du travail : une grande
partie des professionnels
acteurs de prévention
au travail se retrouvent
dans la clinique du travail
comme par exemple les
ergonomes ou les analystes
du travail. Mais les
médecins du travail parlent
plus spécifiquement de
« clinique médicale du
travail ».
2)Une certaine médecine
du travail « honteuse »
à mon sens, qui porte
un projet eugénique,
a besoin de se rattacher
à des données scientifiques,
des données épidémiologiques
pour se justifier. Pourtant
celles-ci n'ont aucune
signification au niveau
individuel. L'action
sélective d'un médecin
du travail par la prise
en compte de soit disant
sur-risques individuels
n'a pas de fondements.
L'accompagnement individuel
ne peut se nourrir et
s'appuyer que sur une
clinique médicale du
travail. Transposer au
niveau individuel des
instruments conçus pour
de l'épidémiologie par
nature collective, est
un non sens. On ne va
pas faire de diagnostic
et d'accompagnement médical
avec des questionnaires
faits pour l'épidémiologie
comme le KARASEC ou des
indicateurs de gestion
comme EVREST.
3)La clinique médicale
du travail peut ouvrir
à la veille et l'alerte
médicale. Mais il y a
des difficultés à articuler
les pratiques professionnelles
et notre participation
à l'élaboration des connaissances
scientifiques nourries
d'enquêtes ou études
à travers des observatoires.
On ne peut confondre
ces derniers instruments
avec des supports de
nos pratiques professionnelles
que l'EPP se propose
d'évaluer justement.
4)L'expérience clinique
des médecins du travail
les incitent à se méfier
des questionnaires héritiers
de l'épidémiologie qui
n'ont pas de place dans
la pratique clinique.
Quant aux indicateurs,
ils peuvent être récupérés
dans le champ social
de la gestion ou des
ressources humaines.
L'indicateur ne peut
prendre en compte la
question du pouvoir d'agir,
des marges de manoeuvre,
de l'histoire du « travailler
collectif ».
5)Il faut donc bien
distinguer la nécessité
pour les médecins du
travail de participer
à l'élaboration des connaissances
scientifiques et la participation
des médecins du travail
à la mise en oeuvre d'indicateurs
de ressources humaines.
La responsabilité première
du médecin du travail
est de faire des diagnostics
médicaux individuels
lors de leur sa pratique
clinique, qui lui permettra
ensuite de faire des
diagnostics médicaux
collectifs.
6)Alors, de quoi est
nourrie la clinique médicale
du travail, à quelles
connaissances s'adosse-t-elle
? Le Médecin Travail
ne peut faire l'impasse
sur l'apport des sciences
humaines dans la clinique
médicale du travail :
c'est un apport essentiel.
Les pratiques médicales
ne peuvent se contenter
des évidences scientifiques
issues de démonstrations
empreintes de mathématiques
et ne prenant en compte
que la rationalité objective
et instrumentale. Nous
devons prendre en compte
la rationalité pathique
ou subjective, et la
rationalité sociale.
7)Notre écoute clinique
est « compréhensive »
au sens de l'apport des
sciences humaines ; nous
tenons dans nos consultations
la distance clinique
nécessaire, créons les
conditions de la confiance,
y déployons des règles
professionnelles partagées
et confrontées avec des
confrères qui partagent
les mêmes valeurs professionnelles.
8)C'est tout cela que
prend en compte la clinique
médicale du travail.
Reste à confronter nos
pratiques pour les améliorer.
III - TRAVAIL ET ALCOOLISATION
GAPEP 07005 
Marie-Odile LALOT et Michèle
DOUSSET
présentation
débat
repère
III
Premier
cas clinique :
Il s'agit d'un ouvrier
du BTP, chauffeur poids
lourds avec un problème
d'agression et d'alcoolisation
sur les lieux du travail.
Il est pris en charge
par le médecin du travail
qui prononce une inaptitude
temporaire. Le salarié
reprend son travail au
même poste. Il y a une
récidive de l'alcoolisation.
La discussion a porté
sur le rôle du médecin
du travail dans l'alcoolisation
aigue sur le lieu du
travail quand l'employeur
se décharge de sa responsabilité.
Le médecin du travail a-t-il
sa place dans une réunion
disciplinaire ?
Qui doit faire l'alcootest
dans l'entreprise ?
Cette alcoolisation est
une interpellation sur
la souffrance collective
au travail.
Deuxième cas clinique :
C'est le cas de Mr B,
chauffeur dans société
ambulance. Il est vu
en visite d'embauche
8 mois après son entrée
dans l'entreprise pour
un poste chauffeur pour
enfant handicapé à temps
partiel. Il reprend le
travail après un congé
parental de six ans ,
il a cinq enfants. Il
finance sa formation
et sur le plan personnel
, sa femme a une tumeur
au cerveau
Lors de la première
visite, il y a des signes
d'alcoolisme mais le
médecin du travail délivre
l'aptitude sans restriction
mais programme un suivi.
Il est re-convoqué sous
prétexte de mise à jour
des vaccinations et le
problème de l'alcoolisme
est abordé. Le bilan
biologique est perturbé
mais le salariénie la
consommation. Le médecin
du travail diffère l'inaptitude.
Revu 1 mois plus tard,
l'entretien se passe
mal. Le salarié, agressif,
accuse le médecin du
travail de harcèlement.
Lors de la visite suivante,
le médecin du travail
sort mal à l'aise car
il n'a pas pu avancer.
Cette situation est fréquemment
rencontrée en médecine
du travail et illustre
la difficulté pour les
médecins du travail à
tenir les deux postures
d'accompagnement et de
contrôle.
Troisième cas clinique :
Dominique est conseiller
d'assurance, il a 22
ans et possède un DESS
de droit. Son cas a été
étudié dans le cadre
de l'enquête SAMOTRACE.
A son embauche, la promesse
d'évolution de carrière
lui est faite sous réserve
de prouver d'être un
bon vendeur. Après une
autoformation sur l'intranet,
il doit constituer lui-même
sa clientèle d'abord
par le porte à porte
puis par téléphone. (il
lui est demandé de prendre
l'annuaire et de choisir
les prénoms anciens et
de parler de conseil
fiscal plutôt que de
conseil financier). Le
salarié a des difficultés
par rapport à sa formation.
Le salaire est uniquement
à la commission. Il a
un changement de son
inspecteur de ventes
et c'est difficile avec
soit des arguments incitatifs
(voyage à gagner en cas
de bons résultats), ou
des arguments coercitifs
(il doit se justifier
devant les autres de
ses mauvais résultats).
Il ressent des sentiments
de honte et d'humiliation :
il est ébranlé.
Un autre salarié arrive
avec des manières de
faire qui lui semblent
plus correctes Des nouvelles
relations professionnelles
s'instaurent avec une
organisation du temps
de travail plus libre
mais aussi avec une dérive
progressive vers le café.
Il en résulte une dégradation
dans le travail et une
augmentation de la consommation
d'alcool. Parallèlement,
il rencontre des difficultés
dans sa vie privée. Il
assiste au départ de
son coéquipier et au
retour avec l'inspecteur
des ventes L'équipe s'engage
alors dans un challenge.
Ce challenge est un échec
et plusieurs collègues
démissionnent. Dominique
est désoeuvré, il continue
à boire et il attrape
un accident de la voie
publique. Il a un retrait
de permis de conduire
et prend conscience de
sa dépendance à l'alcool.
Suite à sa rencontre
avec le médecin du travail,
celui ci lui propose
d'approfondir le plan
professionnel et les
liens entre le vécu du
travail et sa santé.
Les liens avec le travail
s'éclaircissent (ni le
médecin généraliste ni
le médecin alcoologue
ne parlent du travail
dans sa dépendance à
l'alcool)
Epilogue : il a démissionné
et a arrêté de boire
Comment aller de l'individuel
au collectif ?
Dans le cas de Dominique,
Le médecin du travail
à fait un courrier d'alerte
à l'employeur. Ce courrier
a été transmis au niveau
au siège de l'entreprise
qui a répondu par le
déni.
En conclusion de ces
3 cas : injonction thérapeutique
et menace par l'aptitude
sont les arguments du
médecin du travail face
à un alcoolisme chronique
pour un salarié occupant
un poste de sécurité.
Dans le troisième cas,
l'interrogation sur la
relation entre le travail
et l'alcoolisme a permis
de rendre le salarié
acteur de son action
Lors de la rédaction
du compte rendu, des
liens avec le travail
nous sont apparus. Donc
nous allons revoir le
fonctionnement du GAPEP
et notamment avoir les
cas clinique avant la
réunion Les échanges
sont parfois difficiles
entre pairs. Nous ne
sommes pas toujours d'accord.
Certains ont une attitude
sécuritaire.
B-
Débat après présentation
GAPEP 07005 travail et
alcoolisation
Question : comment
vivez vous le faites de
ne pas avoir de consensus ?
Les discussions font-elles
évoluer les postures respectives ?
Réponse : oui
Question : d'accord
avec le fait qu'il faut
traiter le lien entre santé
et travail, mais je me
pose la même question du
consensus. Je pense au
compte rendu d'un GAPEP
qui a abordé ses propres
règles de métier. C'est
important de mettre en
commun nos règles, nos
valeurs : c'est important
de dire comment chacun
travaille, c'était l'intérêt
de ce groupe.
Réponse V. ARNAUDO :
ce qui est intéressant
c'est d'instruire un cas
réel, et de s'entendre
sur l'objectif qui est
poursuivi : est-ce l'aptitude ?
Ou l'accompagnement de
la santé au travail ? La
réponse est déjà donnée
par la Charte. La recherche
de consensus n'est pas
forcément ce qui est à
rechercher.
Réponse A.DEVAUX :
on ne peut pas être d'accord
sur les pratiques si on
n'a pas d'abord mis en
lumière nos propres pratiques.
Réponse A. GROSSETETE :
je voudrais qu'ici, au
sein de E-Pairs, on puisse
« tordre le cou » au consensus.
Le maître mot c'est argumenter,
exposer ses pratiques,
et les débattre. Ce que
l'on discute se sont les
pratiques professionnelles
capables de prendre en
charge la santé du salarié.
C-Repères
III, 
après présentation et débat
GAPEP 07005 Dominique HUEZ :
Je repère six questionnements
pour continuer la réflexion :
1)La question de la
responsabilité de l'employeur
et du médecin du travail ?
Il n'y a pas toujours
de bonne réponse : c'est
la problématique des
injonctions paradoxales.
2)Comment peut-on articuler
aptitude sécuritaire
et clinique médicale ?
Et là, la clinique compréhensive,
comment la place-t-on ?
L'attitude sécuritaire
nous prive de la clinique
médicale du travail donc
de la compréhension.
3)L'approche issue des
travaux du Pr DEJOURS
(la psychodynamique du
travail) fait partie
des connaissances indispensables
mais ne résout pas la
pratique professionnelle
concrète : comment construire
la confiance ? quelle
attitude avoir face à
la question de la honte
(souffrance éthique) ?
comment intégrer l'existence
de la peur au fond des
mobiles impensables du
travailler ? comment
percevoir les défauts
de collectif d'appartenance
face à l'individualisation
managériale ?
4)La question des savoir-faire
de protection, de prudence,
peut rejoindre des connaissances
issues de l'épidémiologie.
Il y a un apport scientifique très
large à réinvestiguer.
5)La question de la
prévention individuelle
et collective : peut-il
y avoir une pratique
clinique collective qui
ne s'appuierait pas sur
l'individuel ? Mais de
toute façon, il ne saurait
y avoir de prévention
sans mettre en visibilité
ce qui fait difficulté
dans les situations de
travail et peut avoir
un impact sur la santé.
6)Alors la question
fondamentale est de savoir
si le travail ici permet
ou non de construire
sa santé ?
IV - GAPEP de Lyon
07008 
Elisabeth TRESCOL
présentation
débat
A
- Présentation
Ce GAPEP, constitué
de 12 médecins du travail
exerçant en service interentreprises,
a choisi de travailler
sur l'analyse de leur
pratique professionnelle,
à partir de cas cliniques
de souffrance au travail.
Au cours de leurs pratiques
professionnelles, trop
souvent l'inaptitude
apparaissait comme la
seule solution dans les
atteintes à la santé
mentale en relation avec
le travail. La nécessité
de mener une action spécifique
en mettant de coté l'aptitude
s'est alors imposée.
Cette action a consisté
à mettre en place un
travail clinique qui
est proposé au salarié,
à distance de la consultation
initiale. Il a pour objectif
d'aider le salarié à
comprendre le sens de
sa souffrance, en mettant
en lien son histoire
personnelle et sa trajectoire
professionnelle avec
la façon dont il a investi
son travail actuel. L'accord
du salarié est indispensable
pour mener à bien cette
investigation.
Ce temps clinique, proposé
et accepté par le salarié,
est appelé « clinique
médicale du travail »
et fait référence à la
charte d'E-PAIRS. Il
explore le travail microscopique
et pose la question :
comment c'était quand
cela allait bien ?
A partir de l'analyse
de 2 histoires cliniques
débattues au sein du
GAPEP(Ndlr : l'exposé
des cas cliniques ne
peut être développé ici),
E Trescol nous présente
sous quelle forme ce
travail clinique a été
ou n'a pu être réalisé.
En effet, dans un certain
nombre d'observations,
le constat d'un « travail
clinique empêché » a
été fait et l'analyse
des raisons de ce « travail
clinique empêché » a
été fait.
A contrario, lorsque
le médecin a obtenu l'adhésion
du salarié et qu'il a
pu conduire le travail
clinique, les répercussions
sur sa pratique ont été
évaluées positivement.
L'apport de la clinique
du travail se situe alors
autant dans l'accompagnement
du salarié, que dans
l'action préventive menée
au sein de l'entreprise
(courrier d'alerte sur
les TMS).
Par la clinique du travail
les médecins de ce GAPEP
défendent avant tout
le principe d'une aide
à l'élaboration du sens
et à la « récupération
du pouvoir d'agir » par
le salarié. Ce GAPEP
insiste sur l'importance
de la clinique médicale
du travail
B
- Débat 
après présentation GAPEP
07008
Question : comment
vous vous organisez en
pratique pour faire les
entretiens ?
Réponse : on se
débrouille !...
Question de D. HUEZ :
à votre réflexion « sans
clinique médicale du travail,
pas de salut », on doit
s'interroger sur les limites
de la clinique médicale
du travail : comment déployer
une clinique médicale compréhensive
pour permettre de « penser
les situations », en s'arrêtant
avant une intervention
substitutive à la pensée ?
L'instruction approfondie
en clinique médicale du
travail, de quel point
de vue est-elle faite :
du point de vue du médecin
du travail, ou du point
de vue d'une étude scientifique
ou d'une recherche comme
SAMOTRACE ? Si la clinique
médicale du travail relève
du quotidien d'une pratique
de médecin du travail,
de quoi se nourrit-elle ?
Elle s'est beaucoup nourrie
des pratiques nées des
consultations de pathologie
professionnelle, mais aussi
de l'expérience clinique
concrète des médecins du
travail face à la souffrance
au travail. On ne peut
pas faire l'impasse de
l'accompagnement clinique
dans la quotidienneté,
où se joue la possibilité
ou non de prendre soin
de sa santé face à un « travailler »
malmenant.
Les médecins du travail
sont confrontés dans leur
quotidien clinique à des
figures enchevêtrées :
la possibilité d'interférences
de pathologies psychiatriques
préexistantes avec le travailler,
la prise en compte du travail
réel ou de sa représentation
prescrite, et l'articulation
de ces deux éléments ;
mais aussi les figures
évolutives de ce qui est
au début hyperactivité
exploitée par une entreprise,
et/ou auto-accélération
anesthésiante, puis activisme
défensif pour ne pas penser
ce qui fait douleur.
Les médecins du travail
sont face à une véritable
difficulté, celle du temps
nécessaire : entendre pour
la comprendre la souffrance
au travail demande de la
disponibilité dans la consultation,
un temps parfois considérable.
Le risque en est que faute
de pouvoir dégager/gérer
ce temps selon les situations,
on en déduise qu'une pratique
clinique approfondie ne
serait pas ouverte au médecin
du travail. Je ne le crois
pas. Il nous faut inventer
des réponses professionnelles
face à ce défit. La réponse
ne saurait être de faire
appel, pour nombre de situations
malheureusement « ordinaires »
de souffrance, à des consultations
spécialisées.
Réponse : nous avons
travaillé à partir de cas :
c'est le travail approfondi,
qui n'est pas au quotidien,
mais qui nous a permis
d'évoluer dans nos pratiques
- et là on retrouve la
clinique médicale du travail
dans le quotidien
D. HUEZ : Peut-on avec
du recul et une analyse
distanciée et qui se donne
le temps, penser qu'une
pratique de clinique médicale
du travail approfondie
aurait pu éviter un suicide,
au contraire d'un accompagnement
clinique ordinaire pratiqué
dans les consultations
de médecins du travail ?
Il faut certainement être
prudent. Offrir la possibilité,
en s'en donnant les moyens,
de penser les situations,
peut débloquer le « pouvoir
d'agir ». Mais d'après
mon expérience, il n'est
pas possible de le vérifier
immédiatement après une
intervention clinique,
et de nombreux facteurs
intercurrents jouent en
parallèle, comme ce qui
se passe au niveau des
coopérations et des solidarités
professionnelles et humaines.
Ne laissons pas passer
les opportunités ouvertes
par la spécificité du métier
de médecin du travail.
A. GROSSETETE : ce que
je crois c'est que la pratique
de la clinique médicale
du travail est absolument
indispensable quelque soit
le temps disponible. Il
n'y pas un temps où l'on
fait de la clinique médicale
du travail et un temps
autre. Je suis absolument
d'accord avec Dominique.
La clinique médicale du
travail est une clinique
qui peut être utilisée
par le médecin du travail.
Sur le fait déjà de cette
posture évoquée, c'est
à dire de déployer ou pas
du temps complémentaire
en dehors de l'espace du
temps du travail, c'est
une réelle question. Cette
intervention marque la
contradiction d'un système
qui s'occupe de salariés
qui n'en ont pas forcément
besoin et celui que l'on
développe en « catimini »
pour pouvoir s'occuper
de salariés qui en ont
réellement besoin.
A. CARRE : la clinique
médicale du travail est
entravée mais pas empêchée.
Mais il y a deux types
d'exercice : une médecine
du travail qui est contrainte
par le temps puis une médecine
du travail où l'on prend
le temps de détailler cette
clinique médicale du travail.
Comment les collègues subvertissent-ils ?
Comment se donnent- ils
des marges de manoeuvre
?
G. LUCAS : quelles marges
de manoeuvre ? Comment
agencer cela ? Sur la question
de la gêne par rapport
au suicide antérieur ?
A la DDE, l'autopsie psychiatrique,
la question du travail
a été introduite. Je préfère
un travail sur le questionnement
du travail que sur cette
autopsie psychiatrique.
Question : ce que
je n'ai pas vu dans l'exposé,
c'est le partage dans le
GAPEP, le coté échanges
de pratique, l'avis du
GAPEP ?
Réponse : on le
retrouve dans les comptes
rendus. Ici c'était un
autre exercice. Sur dix
cas, nous en avons choisis
deux pour essayer de montrer
pourquoi on ne rentre pas
dans la clinique médicale
du travail.
V - GAPEP de TOURS
07002 
Bernadette BERNERON
présentation
débat
A - Présentation du
GAPEP
Depuis plus de 15 ans,
des médecins du travail
du département d'Indre
et Loire se retrouvent
pour travailler collectivement
et analyser leurs pratiques
en groupe de pairs, autour
de la question de la
souffrance au travail
qui est toujours plus
d'actualité dans les
consultations.
Ce groupe de 11 à 15
médecins s'est réuni
pendant 15 ans hors temps
de travail à raison d'une
réunion tous les 2 mois
faisant l'objet d'un
CR, rédigé par les volontaires.
Après une période d'apports
théoriques en PDT, le
groupe a travaillé et
discuté autour de cas
cliniques présentés par
les médecins qui le souhaitent -
en raison de situations
difficiles dont la mise
en débat aide à la compréhension
ou comme des cas exemplaires.
Mais, suite à l'obligation
d' Evaluation des Pratiques
Professionnelles, le
groupe est devenu GAPEP
au sein de l'association
E-pairs, permettant au
groupe de continuer à
travailler comme par
le passé. Les membres
ont déjà expérimenté
le fait que ce travail
coopératif permet d'apprendre
tout en renforçant le
soutien social et la
reconnaissance au sein
de la profession.
Depuis plusieurs années
maintenant, le groupe
a orienté sa réflexion
sur l'analyse du travail
à partir de la santé
mentale : instruire le
rôle du travail dans
les manifestations de
souffrance, voire les
décompensations mentales
ou physiques et repérer,
identifier et analyser
le lien éventuel entre
les deux, dans une dimension
individuelle et collective.
Ce travail se fait autour
d'un ou plusieurs cas
cliniques exposés au
cours de la réunion par
un ou plusieurs médecins
volontaires, cas non
programmés par avance.
La présentation du cas
concret peut se faire
à partir de notes, d'une
observation rédigée,
ou simplement de mémoire
pour les situations en
cours. Il s'agit souvent
de cas graves où planent
des risques de perte
d'emploi, de conflits,
de suicides, mais aussi
à posteriori des cas
qui interrogent les médecins
du travail sur leur rôle
ou des cas emblématiques.
Ces discussions permettent
aussi d'aborder le problème
de l'alcool au travail,
de son lien avec le travail,
de la posture du médecin
du travail face à ces
situations.
Face à des formes cliniques
non prévues, des histoires
incroyables- impensables,
des cas de délire, il
s'agit d'investiguer
le travailler avant de
parler de folie. Autour
de l'histoire racontée,
les collègues demandent
des précisions, se font
décrire l'environnement,
le contexte, le fonctionnement
du groupe, le contenu
du travail, la façon
dont cela fonctionnait
avant. Chacun suggère,
propose son interprétation.
On essaie de comprendre
ce qui n'est pas explicite,
de rechercher les éléments
clé qui permettent de
« penser » les processus
défensifs contre la peur,
la honte (souffrance
éthique).
Dans le domaine de la
veille en santé mentale,
thème travaillé par le
groupe, il est indispensable
de :
1 - Laisser des traces
Quelles traces laissons
nous dans le dossier médical ?
On écrit ce qu'on comprend
ou pas mais dans le sens
de comprendre avec le salarié
ce qui lui arrive.
La prise de notes médicales
au fil de l'eau se fait
pendant l'entretien et
après le temps de visite,
on développe, on décrypte,
on fait une synthèse de
ce qu'on comprend et on
peut revenir sur des notes
antérieures dont le sens
peut être éclairé par les
évènements récents ; mais
ce qu'on écrit doit être
respectueux du salarié
comme s'il pouvait ou allait
lire ; on note aussi nos
questionnements.
On trace dans le dossier
médical avec un minimum
de notes de synthèse ;
l'écriture porte le reflet
de nos pratiques et autorise
le médecin à énoncer ce
qu'il pense.
On trace les risques psychosociaux
dans le cadre réglementaire,
à travers la fiche d'entreprise,
le rapport annuel dans
les entreprises plus grandes,
dans le cadre d'enquêtes.
2 - Rédiger des monographies
Il s'agit d'écrire une
histoire clinique du point
de vue de la santé au travail
en articulant 4 histoires
liées : Celle de la santé
individuelle
Celle du travail du salarié
Celle de la santé du collectif
de travail
Celle de l'histoire du
collectif
Et sur les 2 plans les
liens entre travail et
santé et pourquoi ;
Quelques règles sont à
respecter : ne pas écrire
à la 1ère personne, ne
pas donner la monographie
au salarié. Il n'est pas
facile d'écrire une monographie.
Cela a été discuté dans
le groupe monographies
de SAMOTRA-CE. On peut
proposer un atelier d'écriture
pour apprendre à écrire
une monographie mais en
se gardant de réécrire
derrière les collègues
et inviter les collègues
à mettre leur monographie
en discussion pour la retoucher.
La monographie est un exercice
de style avec mise en débat
entre pairs
Monographies SAMOTRA-CE :
écrire dans le sens de
comprendre avec le salarié
ce qui lui arrive ; le
but de ces monographies
est d'apporter aux épidémiologistes
un matériel clinique
qui éclaire le quantitatif,
pour ne pas rester sur
des représentations,
des interprétations éloignées
de la réalité. C'est
ainsi que des matériaux
ont été apportés sur
la souffrance éthique.
3 - Veiller
Nous avons au cours
de plusieurs réunions
évoqué la place des indicateurs
en matière de santé mentale
au travail pour une veille
en risques psychosociaux,
une veille chiffrée et
une veille qualitative :
utilisation des indicateurs
dans SUMER (double tâche,
souffrance, absentéisme,
accident du travail),
dans l'enquête SAMOTRA-CE
avec le rôle du score
du GHQ et de son caractère
opérationnel (précédé
de questions sur la vie
personnelle.)
Questionnaire instantané
qui ne donne pas la même
vision de l'état de santé
du salarié qu'un entretien
médical déroulé durant
plusieurs années et relaté
dans le dossier accompagné
de la vision collective
qu'a le Médecin du travail.
Il devient intéressant
quand il est complété
par la clinique, le qualitatif.
4 - Le cas du suicide
Ce grave sujet a été abordé
autour de plusieurs cas
rencontrés dans une même
entreprise.
Que doit faire le médecin
du travail ? Que n'aurait
il pas fait ?
Le médecin doit toujours
se poser la question de
la place du travail dans
la survenue d'un suicide
et ne pas se laisser embarquer
dans les arguments « il
avait des problèmes personnels,
il était fragile » qui
sont ceux de l'employeur.
Il faut aller impérativement
dans le dossier regarder
les traces inscrites même
discrètes sur une fragilisation
de la santé du salarié
en lien avec le travail.
Il faut aussi rechercher
dans les dossiers médicaux
du collectif de travail
les traces d'une atteinte
individuelle de la santé
en lien avec le travail.
Quelle démarche doit il
adopter ?
Toujours mettre en débat
le travail dans la responsabilité
d'un acte de violence contre
soi, toujours s'interroger
sur l'implication et le
retentissement sur le collectif.
Il doit aussi se rendre
disponible pour recevoir
les collègues de travail
voire les convoquer en
visite médicale. Ce sont
les salariés les plus engagés
dans le travail qui retournent
la violence contre eux.
Le médecin du travail se
retrouve dans une situation
difficile, s'il n'a pas
veillé antérieurement,
s'il n'a pas parlé et pas
alerté.
5 - Alerter
Le groupe a débattu de
la nécessité d'alerter
dans la sphère collective,
sous forme de rédaction
«d' une alerte pour danger
grave et imminent ».
Cette alerte peut concerner
un collectif de travail.
Elle a été pratiquée sous
forme de consultation collective
avec rédaction d'un certificat
médical collectif, certificat
médical de stress post
traumatique, attestant
de la souffrance au travail
qui est remis aux intéressés
et adressé par eux même
s'ils le souhaitent à l'inspection
du travail et à l'employeur.
L'alerte est conditionnée
par l'existence d'un recueil
d'informations systématisé
qui portent sur les souffrances
des salariés et sur les
risques psychopathologiques
du travail.
Lorsqu'une alerte de risque
psychosocial est faite,
c'est que le médecin a
rencontré plusieurs salariés
en très grande difficulté
dans leur travail (stress
post traumatique, processus
dépressif généré par des
dérives organisationnelles
qui se déploient dans un
contexte collectif...)
6 - Déclarer en Accident
du travail
La déclaration en accident
du travail « stress post
traumatique», en maladie
professionnelle de ce qui
a pu provoquer la décompensation
mentale, le geste suicidaire
au niveau professionnel
permet une mise en visibilité
sociale.
Il faut donc :
Déclarer en accident
du travail la décompensation
aigue psycho pathologique
en repérant et notant
l'évènement déclencheur
même à distance dans
le temps : la santé peut
être atteinte de façon
différée par rapport
à la déclaration éloignée
référant à un constat
médical proche, cela
pour limiter les contestations
de la CPAM : avoir à
l'esprit que le médecin
doit rester en état de
certifier médicalement
des constats médicaux
issus d'une consultation
clinique contenant des
matériaux qualitatifs
et même avec échelle
( Evrest...)
Attester du lien avec
le travail
Rédiger un certificat
où on croit comprendre
en tant que Médecin du
travail (certificat médical
de stress post traumatique)
;
Donner acte au salarié
de l'effondrement de
son travailler tout en
reconnaissant ses compétences
anciennes.
Ne pas intervenir
dans les enquêtes AT
qui sont de la compétence
du collectif.
Conclusion
Le groupe continue de travailler
mais est actuellement préoccupé
par la réduction de son
effectif à 7 membres en
raison de départs soit
en retraite, soit dans
une autre région.
Le renouvellement du groupe
semble difficile peut être
en raison de la longue
histoire du groupe qui
le fait paraître moins
accessible aux confrères.V
Il nous faut peut être
avoir une méthode de travail
plus structurée, susceptible
d'être plus rassurante
pour les confrères : un
temps de travail sur des
monographies qui auraient
été commandées à l'avance
et donc envoyées avant
la réunion, un temps d'élaboration
de repères pour notre pratique,
un temps pour traiter les
situations urgentes.
B
- Débat
D. HUEZ : Il faut souligner
le rôle de la formation
spécifique et des apports
théoriques ;
le « comment chacun
se positionne » pour
respecter les pratiques
« dévoilées » des confrères ;
jusqu'où ne pas aller
trop loin dans ce qu'on
peut dire, dans ce qui
peut être entendu, en
préservant toujours le
respect qu'on doit au
collègue ;
la nécessité de prendre
en compte la santé même
du médecin du travail
qui « se dévoile », parfois
très malmené par la situation
qu'il rapporte ;
Attention ! la monographie
est un exercice de style
abouti, pour formaliser.
C'est différent de la
quotidienneté, des notes,
des questionnements :
ne pas mélanger les deux.
La pensée en travail
est bien plus riche dans
le travail d'un GAPEP !
Notre groupe fonctionne
un peu sur la spontanéité :
rôle des pairs.
A. DEVAUX : le retour des
GAPEP en transversal, pour
les membres du groupe projet
et les binômes, est enrichissant
aussi pour leur propre
pratique.
G. LUCAS met en débat la
question de la monographie :
la remise au salarié, qui
ne s'est pas reconnu :
est ce que cela n'invalide
pas notre travail ?
D.HUEZ : La question des
notes médicales dans le
dossier d'un agent est
importante ; chacun a ses
pratiques. Moi je note
quelques éléments au fil
de la consultation ; à
la fin je mets soit des
synthèses quand je comprends,
soit des interrogations
quand je ne comprends pas.
C'est important de noter
quand on ne comprend pas.
Cliniquement, ces situations
m'inquiètent. Il m'est
arrivé, mais à longue distance,
dans des histoires de somatisation
lourdes, de lire à la personne
le contenu de son dossier
dont des choses difficiles
à entendre pour le salarié.
Revisiter une histoire
à distance, quand la personne
s'est un peu « armaturée » peut
être fort intéressant pour
mieux comprendre ensemble
les difficultés de son
« travailler ». Mais la
règle de base est que tout
ce qu'on écrit dans le
dossier médical doit être
respectueux des personnes.
Alors il n'est pas besoin
d'être inquiet du fait
que les salariés ou leurs
ayant droits pourraient
y avoir accès ; ce qui
est par ailleurs rarissime,
mais légitime.
A. CARRE : je voudrais
tempérer ce que dis Gérard
Lucas : quel est le pré
requis pour recevoir une
monographie ?
V. ARNAUDO : une mono n'a
pas un but thérapeutique pour
le salarié : c'est ce que
le médecin du travail a
compris de l'histoire de
la personne.
VI - En Guise de BILAN

Un tour de table permet
à chaque participant
de s'exprimer :
Prise de conscience que
notre fonctionnement
de GAPEP, c'est un soutien
dans nos doutes.
Nous avons des problèmes
communs et les échanges
sont importants. Il faut
accepter la remise en
cause. Même groupe, on
se connaît depuis longtemps,
on voit que nous avons
les mêmes repères.
La notion de respect
est très présente dans
notre groupe. Il y a
quelque chose qui me
contraignait d'être le
modérateur et le fait
de retravailler seul
les notes est très enrichissant.
Outre le fait que ce
colloque permet l'échange
entre plusieurs GAPEP,
il permet aussi une relecture
par les autres. GAPEP
en gestation : j'ai appris
le terme de « clinique
médicale du travail »
... et que j'en faisais
sans le savoir ! GAPEP
de Roanne : je suis venue
avec beaucoup d'interrogations
- j'en ai encore ! J'ai
trouvé dans cette journée
une relation simple.
Je suis contente d'avoir
rencontré le binôme autrement
que par le mail.
Dans notre service, nous
avions un groupe où nous
exposions nos difficultés
plutôt comme soutien,
et je viens de comprendre
qu'il fallait décortiquer
nos pratiques ; mais
je reste avec mes questions.
L'ambiance de cette journée
a été intéressante et
je pense que je verrai
différemment les commentaires
de notre binôme.
M. HAMON (ex secrétaire
du groupe projet, membre
d'un nouveau GAPEP) :
on a beaucoup travaillé
sur le GAPEP 07002 y
compris le binôme. La
barre est haute, il ne
faut pas se décourager.
Il faut toujours un certain
temps, au moins un an,
avant d'avoir des choses
intéressantes. En tant
que binôme, on a un peu
de mal à voir comment
s'est mis en place le
débat, et on ne voit
pas toujours apparaître
le lien santé et travail.
En tout cas, l'objectif
n'est pas l'aptitude.
La charge de travail
du binôme est importante.
B. DELABRUSSE (binôme) :
de la journée d'aujourd'hui,
j'aimerais qu'il y ait
des écrits. (Dont acte)
Un guide sur comment
écrire des monographies,
est ce publié ? (D. Huez,
nous avons un PowerPoint
conçu pour le cours pré-congrès
de Tours). Par ailleurs
quelle est la « durée »
d'un GAPEP et d'un Binôme (phénomènes
d'usure)?...
Création
ou mise à jour
15-Jan-2011